Récit fictif. Cette histoire a été inventée pour présenter la rubrique. Les personnes et les noms sont imaginaires ; les lieux et le contexte s’appuient sur des faits publics. Vous vivez une histoire d’eau ? Racontez-la-nous.
La moto de Tahina Rakotomalala, 27 ans, porte une caisse à outils, un sac de pièces détachées et un bidon de graisse. Son téléphone sonne. « La pompe de l'école ne remonte plus rien. » Il démarre.
Le mécanicien de l'eau
Tahina répare les pompes à main des villages autour du lac Alaotra. Il a appris le métier avec un technicien, puis il s'est lancé seul. « Une pompe, c'est simple. Mais quand elle tombe en panne, les femmes retournent puiser au canal, et l'eau du canal n'est pas sûre. »
Ce jour-là, le problème est un joint usé. Vingt minutes de travail. Les enfants regardent, fascinés. Quand l'eau jaillit de nouveau, ils applaudissent.
Le téléphone, son deuxième outil
Tahina a créé un groupe sur son téléphone avec les responsables des points d'eau. « Dès qu'une pompe fait un bruit bizarre, ils m'envoient un message, parfois une vidéo. Je viens avant que ça casse. »
C'est l'idée des pompes qui préviennent avant de tomber en panne, version débrouille. « Un jour, peut-être, les pompes m'enverront elles-mêmes le message », dit-il en riant.
Le paiement, toujours compliqué
Le plus dur, ce n'est pas la mécanique. « Certains villages ont une caisse pour l'entretien, d'autres non. Parfois, on me paie en riz. » Il aimerait que chaque point d'eau ait une petite caisse, alimentée chaque mois, pour ne jamais attendre la panne.
Il remonte sur sa moto. Un autre message vient d'arriver.
Ce récit est fictif : Tahina est un personnage imaginaire. Le lac Alaotra et ses rizières sont décrits dans Le lac Alaotra, le grenier à riz de Madagascar.