Récit fictif. Cette histoire a été inventée pour présenter la rubrique. Les personnes et les noms sont imaginaires ; les lieux et le contexte s’appuient sur des faits publics. Vous vivez une histoire d’eau ? Racontez-la-nous.
Dans les environs d'Ambovombe, la terre est rouge et sèche. Manantsoa Tsimanova, 41 ans, se penche au-dessus de la margelle. Il fait descendre une corde marquée de nœuds. « Trois nœuds de moins qu'au mois dernier », murmure-t-il.
Le gardien de l'eau
Au village, c'est lui qui veille sur le puits. Il a convaincu les anciens de construire une margelle et un couvercle, d'écarter les animaux, de déplacer la latrine plus bas, loin du point d'eau. « Avant, les enfants avaient souvent la diarrhée. Maintenant, beaucoup moins. »
Il a appris ces gestes lors d'une formation, il y a quelques années. Il les répète à qui veut l'entendre, les mêmes que dans notre guide Puits et forages.
Le souvenir du kere
Manantsoa se souvient des années de kere, la faim qui suit la sécheresse. « Les puits étaient vides. On marchait des heures pour un bidon. Certains ont vendu leurs zébus pour acheter de l'eau. »
Depuis, il compte chaque goutte. Le village récupère l'eau de pluie sur les toits de tôle, dans deux grands fûts fermés. « Quand il pleut, on ne dort pas : on remplit tout ce qu'on peut. »
L'espoir du tuyau
On parle beaucoup, ici, des grands pipelines qui doivent amener l'eau des rivières jusqu'à Ambovombe. Manantsoa y croit, prudemment. « Je verrai quand l'eau coulera au robinet. En attendant, je garde mon puits. »
Ce récit est fictif : Manantsoa est un personnage imaginaire. La sécheresse du Grand Sud et les projets d'adduction d'eau sont documentés dans Le Grand Sud et le kere.