Récit fictif. Cette histoire a été inventée pour présenter la rubrique. Les personnes et les noms sont imaginaires ; les lieux et le contexte s’appuient sur des faits publics. Vous vivez une histoire d’eau ? Racontez-la-nous.
Le vent se lève vers dix heures, comme chaque jour. Rindra Tsiaro, 34 ans, a déjà tiré sa pirogue sur le sable d'Anakao. Dans le fond de la coque, quelques poissons brillent. « Avant, c'était le double », dit-il simplement.
La pirogue, avant l'école
Rindra est vezo. Il a appris à pagayer à six ans, sur les genoux de son père, dans le lagon. « Chez nous, on ne naît pas pêcheur, on le devient. Si tu ne sais pas lire la mer, tu n'es pas vezo. »
Sa pirogue à balancier, il l'a taillée avec son oncle dans un tronc de farafatse, un bois léger qui flotte bien. Une voile rapiécée, une pagaie, une ligne. Rien d'autre.
Partir plus loin
Ces dernières années, Rindra doit aller plus loin pour remplir son panier. « Il y a plus de pêcheurs, et moins de poissons. Tout le monde le sait. » Certaines saisons, il part plusieurs semaines le long de la côte, avec d'autres familles, pour suivre les bancs.
Au large, il voit l'îlot de Nosy Ve, sacré pour les Vezo. « Là-bas, on ne tue pas les oiseaux. C'est fady. Grâce à ça, ils sont toujours là. Il faudrait des fady pour les poissons aussi », rit-il.
Ce qu'il transmet
Son fils de huit ans l'attend sur la plage. Rindra lui montre comment replier la voile. « Je veux qu'il aille à l'école. Mais je veux aussi qu'il sache lire la mer. Les deux. »
Ce récit est fictif : Rindra est un personnage imaginaire. La vie des pêcheurs vezo et la baisse des ressources sont décrites, avec leurs sources, dans Les Vezo, le peuple qui vit de la mer.