Récit fictif. Cette histoire a été inventée pour présenter la rubrique. Les personnes et les noms sont imaginaires ; les lieux et le contexte s’appuient sur des faits publics. Vous vivez une histoire d’eau ? Racontez-la-nous.
De sa maison, sur une petite butte, Lalao Rasoarimanana, 58 ans, voit toute la plaine. Des rizières à perte de vue, découpées par les diguettes. Et, au loin, les collines d'Antananarivo.
« Le riz aime l'eau, dit-elle. Mais pas trop. »
L'eau qui nourrit
Ses rizières sont irriguées par les canaux qui viennent de l'Ikopa. En saison sèche, l'eau est précieuse : il faut s'entendre avec les voisins sur les tours d'irrigation. « On se dispute parfois. Mais on finit toujours par partager. Sans partage, personne ne récolte. »
L'eau qui menace
En saison des pluies, tout s'inverse. Quand il pleut plusieurs jours de suite, la rivière monte, les canaux débordent, les rizières deviennent un lac. « Une année, j'ai perdu toute ma récolte en une nuit. Les jeunes plants étaient sous l'eau. »
Depuis, elle écoute la radio chaque soir en saison des pluies, pour les alertes. Elle a appris à repérer les signes : la couleur de l'eau, le bruit du canal. Et elle surélève ses sacs de semences.
Ce qui a changé
« Avant, il y avait plus de place pour l'eau. Maintenant, on remblaie, on construit partout. L'eau ne sait plus où aller. »
Lalao ne se plaint pas. Elle replante, chaque saison. « La plaine nourrit la ville. Il faut que la ville s'en souvienne. »
Ce récit est fictif : Lalao est un personnage imaginaire. Les inondations de la plaine d'Antananarivo et le rôle de l'Ikopa sont documentés dans Antananarivo et ses eaux et Prévoir les crues.