À chaque saison des pluies, la même question revient : combien de temps avant que l'eau n'arrive ? Prévoir une crue, c'est gagner des heures, parfois des jours, pour protéger les gens.
Qui fait quoi ?
- Météo Madagascar, la nouvelle appellation de la Direction générale de la météorologie, prévoit le temps et les cyclones. Son centre opérationnel de prévision hydrométéorologique se trouve à Ampasampito.
- Le BNGRC, le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes, coordonne l'alerte et les secours.
- À Antananarivo, l'APIPA, établissement public créé par la loi, est chargée de la protection contre les inondations de la plaine. Elle surveille les rivières et gère les canaux et les stations de pompage.
Pomper l'eau hors de la ville
La plaine d'Antananarivo est basse. Quand il pleut fort, il faut évacuer l'eau. L'APIPA cure les canaux, retire les jacinthes d'eau et fait tourner des stations de pompage. Celle d'Ambodimita, par exemple, compte trois pompes de 3 m³ par seconde. En janvier 2024, l'APIPA annonçait ses six stations opérationnelles. Un groupe électrogène financé dans le cadre d'un projet de la Banque mondiale doit les faire tourner en cas de coupure de courant.
D'une prévision à une alerte qui fait agir
Madagascar adopte la prévision basée sur les impacts. On ne dit plus seulement « il va tomber 100 mm de pluie », mais « ce quartier risque d'être inondé, voici quoi faire ». L'approche tient compte de l'exposition et de la vulnérabilité des lieux et des personnes.
Dans la Haute-Ville d'Antananarivo, le BNGRC a installé des sirènes et utilise des drones à haut-parleurs contre les glissements de terrain. Les sirènes ne sonnent qu'en alerte rouge.
Ce que la technologie apporte
- Plus de stations d'observation : le projet SOFF, soutenu par le PNUD, renforce le réseau d'observation et le relie au système mondial d'échange de données de l'Organisation météorologique mondiale.
- De l'énergie sans coupure : le centre de prévision a été équipé de panneaux solaires, car le manque d'électricité fiable gênait la continuité du service.
- Les satellites : ils suivent la pluie et l'humidité des sols sur toute l'île (voir Satellites et sécheresse).
Ce qui manque encore
Une alerte n'est utile que si elle arrive jusqu'aux gens et qu'ils savent quoi faire. Les relais locaux restent essentiels : radio, chefs de quartier, messages sur téléphone. Et une ville qui construit en zone inondable ou qui bouche ses canaux de déchets aggrave le risque, quelle que soit la qualité de la prévision.
À retenir : en cas d'alerte, suivez les consignes du BNGRC et de Météo Madagascar, et après une inondation, protégez votre eau.
Sources
- Newsmada, « Madagascar adopte l'alerte basée sur les impacts » : newsmada.com
- PNUD Madagascar, lancement du projet SOFF : undp.org
- PNUD Madagascar, l'énergie solaire au cœur de la résilience climatique : undp.org
- AllAfrica (presse malgache), système d'alerte avec drone sur la Haute-Ville (décembre 2025) : allafrica.com
- Loi n° 95-034 sur les organismes de protection contre les inondations (PDF) : assemblee-nationale.mg
- L'Express de Madagascar, « Les stations de pompage opérationnelles » (janvier 2024) : lexpress.mg
- Newsmada, l'APIPA dotée de nouveaux équipements : newsmada.com