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29 octobre 2026 · 2 min de lecture

Satellites et sécheresse, voir venir les années difficiles

Depuis l'espace, on peut suivre la pluie et la santé de la végétation, et déclencher l'aide avant que la crise n'éclate. Dans le Grand Sud de Madagascar, ces outils sont déjà utilisés. Voici comment, et ce qu'ils ne voient pas.

Dans le Grand Sud de Madagascar, une mauvaise saison des pluies ne se voit pas seulement dans le ciel. Elle se lit des mois plus tard dans les champs, les réserves de nourriture et l'eau disponible. Les satellites permettent de repérer ces signaux beaucoup plus tôt.

Ce qu'un satellite peut voir

La végétation. Une plante en bonne santé ne renvoie pas la lumière de la même façon qu'une plante qui souffre de la sécheresse : la végétation stressée réfléchit davantage la lumière visible et moins l'infrarouge. Les satellites mesurent cette différence. On en tire un indice, le NDVI (indice de végétation par différence normalisée), qui permet de comparer une saison à la normale.

L'observatoire de la Terre de la NASA a ainsi publié des cartes du Grand Sud montrant des anomalies de végétation entre 2021 et 2022, comparées à la période 2000-2015.

La pluie. Des estimations par satellite, croisées avec les stations au sol, permettent de suivre les cumuls de pluie et de repérer les déficits. Le réseau d'alerte précoce sur la sécurité alimentaire FEWS NET suit ainsi Madagascar : ses analyses de 2026 signalent des déficits de pluie cumulés sur une grande partie du sud et de l'ouest du pays en février et en mars.

De l'alerte à l'action

L'intérêt n'est pas seulement de savoir. C'est d'agir avant.

Dans le sud de Madagascar, des partenaires humanitaires utilisent un système de déclencheurs : un score combiné est calculé pour chaque district à partir des prévisions. Quand un district dépasse un seuil (55 % ou plus), des actions préparées à l'avance peuvent être lancées. Lors de la saison 2023-2024, le déclencheur a été atteint dès juillet 2023, sur la base de prévisions annonçant des pluies inférieures à la normale pour la saison agricole commençant en octobre.

L'UNICEF, de son côté, associe dans le sud de Madagascar le suivi des nappes souterraines à celui de la végétation et de la pluie.

Ce que les satellites ne voient pas

  • L'eau dans le bidon. Un satellite voit la végétation et estime la pluie. Il ne dit pas si un puits est à sec, si une pompe est en panne, ni si l'eau est potable.
  • Les nappes en profondeur se mesurent surtout sur le terrain, avec des relevés réguliers.
  • Les décisions. Une alerte ne sert à rien si les moyens de réagir (argent, stocks, équipes) ne sont pas prêts.
  • Les compétences. Interpréter ces données demande des personnes formées, et des données accessibles aux acteurs locaux.

À retenir

Les satellites sont un thermomètre : ils aident à voir venir la sécheresse. La réponse, elle, reste humaine : préparer l'aide, entretenir les points d'eau, protéger les réserves.

Sources

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