Récit fictif. Cette histoire a été inventée pour présenter la rubrique. Les personnes et les noms sont imaginaires ; les lieux et le contexte s’appuient sur des faits publics. Vous vivez une histoire d’eau ? Racontez-la-nous.
Il est cinq heures et demie. Le ciel d'Antananarivo est encore gris quand Voahangy Razafindrabe, 52 ans, tourne la clé du cadenas. Derrière elle, une file de bidons jaunes s'est déjà formée sur le trottoir.
« Je reconnais les familles à leurs bidons, sourit-elle. Celui avec la corde bleue, c'est Madame Lalao. Celui qui est tout rayé, c'est le petit Tojo, qui vient avant l'école. »
Un métier sans nom
Voahangy gère la borne-fontaine du quartier depuis onze ans. Elle encaisse quelques ariary par bidon, tient un cahier, signale les fuites. « Les gens pensent que je vends de l'eau. Moi, je dis que je garde l'eau. »
Les jours de coupure, c'est elle qu'on vient voir. Elle n'a pas de réponse, alors elle explique ce qu'elle sait : la station de traitement, les travaux, les tours d'eau. « Quand on sait pourquoi, on s'énerve moins. »
Le seau qui ne touche pas le sol
Elle a ses règles. Pas de bidon sale sous le robinet. Pas d'enfant qui joue avec l'eau. Et un seau réservé au rinçage, qui ne touche jamais le sol.
« Une voisine m'a dit un jour : l'eau était propre ici, elle est devenue sale à la maison. Depuis, je répète à tout le monde : fermez vos bidons, lavez-les. » Elle montre un petit papier plastifié, scotché sur le pilier : les gestes pour stocker l'eau sans la salir.
Ce qu'elle voudrait
« Un toit, pour les jours de pluie. Et un deuxième robinet. Le matin, la file est trop longue, les enfants arrivent en retard à l'école. »
À sept heures, la file s'est vidée. Voahangy referme son cahier. Demain, elle sera encore là avant le jour.
Ce récit est fictif : Voahangy est un personnage imaginaire. Les gestes cités sont ceux de nos guides pratiques, et les coupures d'eau à Antananarivo sont documentées dans Comprendre la JIRAMA.