Une rivière fraîche, une rizière, un étang : à Madagascar, l'eau douce fait partie du quotidien. Elle peut aussi transmettre des maladies. La plus répandue est la bilharziose, aussi appelée schistosomiase.
Qu'est-ce que la bilharziose ?
C'est une maladie causée par un petit ver parasite. Ses larves vivent dans l'eau douce, grâce à de petits escargots d'eau. Elles traversent la peau des personnes qui se baignent, lavent leur linge, pêchent ou travaillent pieds nus dans l'eau.
Il en existe deux formes principales à Madagascar : la forme intestinale et la forme urinaire.
À Madagascar, une maladie très répandue
- Une étude publiée dans BMJ Global Health (2023) classe Madagascar parmi les pays les plus touchés au monde.
- Selon une étude de 2015, plus de 6,8 millions de personnes, dont près de la moitié sont des enfants d'âge scolaire, ont besoin d'un traitement préventif.
- La forme intestinale touche surtout le sud, le sud-est et l'est, selon l'IRD.
- L'Organisation mondiale de la santé (OMS) vise l'élimination de la bilharziose comme problème de santé publique d'ici 2030.
Les gestes qui protègent
- Éviter de se baigner ou de marcher pieds nus dans l'eau douce stagnante ou lente : rivières calmes, étangs, rizières, canaux.
- Préférer, quand c'est possible, l'eau d'un puits protégé, d'un forage ou du réseau pour se laver et laver le linge.
- Boire une eau sûre : bouillie, filtrée ou traitée (voir Traiter l'eau à la maison).
- Utiliser des latrines : les œufs du parasite reviennent dans l'eau par les urines et les selles. Des toilettes loin de l'eau cassent le cycle.
- Participer aux campagnes de traitement organisées dans les écoles et les communes : le médicament utilisé, le praziquantel, est efficace.
Bon à savoir : l'eau de mer et l'eau des piscines chlorées ne transmettent pas la bilharziose. Se sécher vigoureusement après un bain ne suffit pas à se protéger.
Les autres maladies liées à l'eau
L'eau contaminée transmet aussi des diarrhées, la typhoïde et le choléra, surtout après les inondations. Les bons réflexes : Une eau claire n'est pas toujours une eau sûre, L'eau, le savon et les mains.
rano.mg informe et oriente. En cas de sang dans les urines ou les selles, de douleurs au ventre ou de fièvre, consultez un centre de santé.
Sources
- BMJ Global Health (2023), la bilharziose à Madagascar : doaj.org
- Parasites & Vectors (2016), enquête sur des sites sentinelles de l'ouest de Madagascar : springer.com
- Revue de la littérature sur la bilharziose à Madagascar, 1994-2024 (PDF) : latunisiemedicale.com
- IRD, la bilharziose intestinale à Madagascar (PDF) : ird.fr
- MesVaccins.net, conseils de prévention de la bilharziose : mesvaccins.net