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30 octobre 2026 · 2 min de lecture

Les fuites invisibles des réseaux d'eau, et les capteurs qui les écoutent

Dans les villes des pays en développement, une grande partie de l'eau produite n'arrive jamais au robinet ou n'est jamais facturée. La Banque mondiale l'appelle « eau non facturée ». Des capteurs et des algorithmes aident à la retrouver.

Une usine traite l'eau, la pompe dans les tuyaux… et une partie disparaît en chemin. C'est ce que les spécialistes appellent l'eau non facturée : l'eau produite qui ne rapporte rien au service d'eau.

D'où vient la perte ?

L'eau non facturée a trois origines :

  1. Les fuites : tuyaux cassés, joints usés, réservoirs qui débordent. Ce sont les pertes physiques.
  2. Les pertes commerciales : branchements illégaux, compteurs qui sous-comptent, erreurs de facturation.
  3. Les usages non facturés autorisés : lutte contre l'incendie, nettoyage des réseaux.

L'ampleur du problème

Selon la Banque mondiale :

  • dans les pays en développement, l'eau non facturée représente probablement 40 à 50 % de l'eau produite ;
  • environ 45 millions de mètres cubes sont perdus chaque jour par les fuites dans ces pays, de quoi servir près de 200 millions de personnes ;
  • réduire ces pertes de moitié pourrait permettre de servir environ 90 millions de personnes de plus, sans construire de nouvelle usine.

Autrement dit : avant de chercher de nouvelles sources, retrouver l'eau perdue est souvent la solution la moins chère.

Écouter les tuyaux

Une fuite fait du bruit. Les techniciens l'écoutent depuis longtemps avec des appareils acoustiques posés sur les conduites. Aujourd'hui :

  • des capteurs acoustiques fixés sur le réseau enregistrent ces bruits en continu ;
  • des algorithmes d'apprentissage automatique apprennent à distinguer le bruit d'une fuite du bruit normal ;
  • des capteurs de pression et de débit signalent une baisse anormale dans un quartier.

Des recherches menées à Munich, en Thaïlande ou en Amérique du Nord montrent des résultats encourageants. En Afrique du Sud, un travail de doctorat à l'université de technologie de Tshwane a atteint 96 % de détection, mais en simulation, pas encore sur un réseau réel.

Les limites

  • Les capteurs coûtent cher et demandent une équipe pour réagir aux alertes.
  • Un algorithme ne répare rien : il faut des plombiers, des pièces et un budget.
  • Sans compteurs fiables ni plan du réseau, la technologie aide peu.

Ce que chacun peut faire

Signaler une fuite visible dans la rue au service d'eau ou à la commune, c'est déjà agir. Et à la maison : Économiser l'eau sans se priver.

Sources

  • Banque mondiale, What is non-revenue water? How can we reduce it for better water service? : blogs.worldbank.org
  • Banque mondiale, note sur l'eau non facturée (PDF) : worldbank.org
  • Acoustic Leak Detection in Water Networks (2020), étude à Munich : arxiv.org
  • Université de technologie de Tshwane, détection intelligente des fuites (2026) : tut.ac.za

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